Description

Le frelon asiatique (Vespa velutina) est, comme tous les frelons, une grosse guêpe (hyménoptère), décrite par le naturaliste Amédée Louis Michel Lepeletier, en 1836.

Cette espèce est originaire d'Asie du Sud-Est : Inde, péninsule indochinoise, Chine et les îles indonésiennes et de Hong Kong. Elle a été signalée pour la première fois en Corée en 2006 sans que l’on sache si l’espèce a été introduite ou si elle est arrivée naturellement dans ce pays (Kim et al., 2006).

Il existe 7 sous-espèces et 6 variétés (Carpenter & Kojima, 1997), dont la variété nigrithorax décrite en 1905 par du Buysson de Darjeeling (Inde). Naturellement acclimatée à un milieu tempéré à sub-tropical, cette sous-espèce a été introduite en France (probablement avant 2004 Villemant et al. 2006). On la rencontre en Asie continentale jusqu’au nord de l’Inde et dans les montagnes de Chine, zones géographiques où le climat est comparable à celui de la France, ce qui explique qu'aient été possibles son installation et la colonisation de nouveaux territoires en Europe.

Cycle de développement

 

En février-mars, c'est la fin de l'hibernation ; les reines fondatrices commencent un nouveau nid. Elles pondent , alimentent et surveillent leurs premières larves qui deviennent des ouvrières ou des mâles et qui ensuite développeront le nid.

En mai, les premières ouvrières s'activent à développer le nid. En juillet c'est l'apogée jusqu'en septembre et octobre où les reines et les mâles quittent le nid, celui-ci va perdre de son autonomie et s'éteindra dans les semaines suivantes. A l'automne, lorsque reines et mâles quittent le nid, les reines, fécondées, partent hiberner. Les mâles ne reviendront pas, car ne survivront pas à l'hiver. Au printemps suivant, les reines construisent un nouveau nid et reproduisent le cycle.

Les reines sont fécondées par des mâles et stockent la semence dans leur spermathèque, réceptacle séminal qui contient les spermatozoïdes. Les femelles pondent des œufs fécondés et donnent naissance à d'autres femelles. Mais lorsqu'elles n'ont plus de spermatozoïdes, tout comme les femelles vierges, elles donnent des œufs non fécondés, donc des mâles.

Les ouvrières

 

Une ouvrière mesure environ 3 cm. La sous-espèce V. v. nigrithorax est reconnaissable à ses pattes jaunes, ses ailes sombres, son thorax noir, sa couleur sombre et son abdomen sombre cerné d'un anneau jaune-orangé marqué d'un triangle noir..Sa vue est caractérisée par une paire d'yeux et 3 ocelles.

La reine

La reine mesure jusqu'à 3,5 cm. Sa durée de vie est d'un an. Chaque reine fonde sa propre colonie au printemps entre février et mai. Elle se compose alors de larves, d'ouvrières dites « jeunes ouvrières ». À partir du début du mois de juin, la colonie est composée d'ouvrières adultes et vers la fin de l'été de mâles et de femelles sexuées. Les femelles sexuées, futures reines, passent l'hiver dans un endroit abrité, souvent enterré, et au printemps suivant quelques-unes fondent une colonie.

Le nid

Le nid ou "guêpier", fait de fibre de bois mâchée comme chez la majorité des guêpes (certaines, non Vespidae, construisent avec de la boue), peut atteindre un mètre de haut et 80 cm de diamètre. Construit au printemps, il est aérien, le plus souvent situé dans des arbres à plusieurs mètres de hauteur, quelquefois au ras du sol, sous une charpente ou dans des cheminées. Ce frelon étant opportuniste, on retrouve son nid aussi bien dans des habitations que sur du mobilier urbain.

Il est généralement de forme sphérique et possède un orifice de sortie latéral. Chaque nid abrite quelque 2 000 frelons, dont 150 fondatrices qui peuvent, l'année suivante, nidifier lorsqu'elles sont fécondées.

Il est abandonné pendant l'hiver. Durant cette période, il a été observé en France que certains oiseaux ravageaient le nid. Ce comportement n'a aucune conséquence sur la pérennité de l'espèce puisque le nid est vide.

Régime alimentaire

 

Pour nourrir ses larves, le frelon asiatique capture des insectes (chenilles, fourmis, papillons et surtout pucerons) et plus particulièrement des abeilles. Pour les capturer, il se positionne en vol stationnaire à l'entrée d'une ruche. Sa taille plus importante et ses grandes pattes lui permettent de saisir une abeille et de l'emporter avec lui. Il ne gardera de l'abeille que le thorax et en fera une boulette qu'il emportera pour nourrir les larves de sa colonie. Le frelon adulte se nourrit de fruits mûrs et de nectar. Il arrive très fréquemment qu'une attaque de frelon décime une ruche d'abeilles entière. La diversité de l'entomofaune tout entière est mise en péril par le frelon asiatique.

Observations sur le frelon asiatique

La cellule :


Les antennes :

Le sexe :

                                                    

Face ventrale de l'extrémité                                        Mâle, reconnaissable à son extrémité

abdominale conique d'une femelle.                               abdominale tronquée, et à l'échancrure

La gaine de l'aiguillon venimeux                                    de l'avant dernier segment.

faisant ici légèrement saillie.

La nourriture :

 

Risques et dangers

Vespa velutina nigrithorax de son nom latin, nom commun "le frelon à pattes jaunes" n'est pas agressif envers l'homme tant qu'il ne se trouve pas à proximité de son nid (4 à 5 mètres). Sa piqûre n'est pas moins dangereuse que celle du Vespa crabro.

Il y a 22 espèces au dernier recensement en Asie. Anciennement 23, une d'elle a été reclassée. Il y a un douzaine de variété dans l'espèces de Vespa velutina, dont le nigrithorax, celui qui est le petit nouveau en Europe. Il est important de prendre l'habitude de le nommer par le nom qui lui a été attribué par nos scientifiques: le frelon à pattes jaunes. Cela facilitera en plus sont identification. Il est le seul insecte au monde à dominante noire et pattes jaunes. Le prochain arrivant, viendra lui aussi d'Asie, donc l'appellation "frelon asiatique" est erronée. Le frelon commun est déjà lui aussi un frelon asiatique. Il est venu à tire d'aile en colonisant tous les pays sur son passage. Le Vespa velutina n'est pas un frelon, mais le groupe d'une espèce qui comporte 12 variétés (aussi appelées sous espèces) de frelons.

Cependant trois situations, communes à ces deux espèces, peuvent entraîner des complications médicales : « piqûres multiples ou piqûre unique avec localisation muqueuse ou encore patient allergique au venin d’hyménoptère ». De plus, des pompiers et les destructeurs amateurs subissent de temps en temps des projections dans les yeux par des frelons femelles agressives du fait que leur nid est attaqué au travers du grillage des masques de protection des intervenants. Bien que douloureux ces jets n'empêchent pas de terminer l'opération en cours. Les professionnels savent tous que les lunettes bien que pénalisantes pour la vue sont obligatoires. L'écart de température entre le corps de la personne et l'extérieur forme une buée aux lunettes sous la grille. Ces jets sont d'origine inconnue par les centres anti poison aux dernières nouvelles. L'injection de venin est d'origine mécanique, donc cela ne semble pas possible à travers une grille de protection

Notons toutefois que le frelon à pattes jaunes n'est pas influencé par le tropisme de la lumière contrairement à son cousin Vespa crabro. De ce fait, il se montre moins invasif dans les habitations éclairées la nuit et donc moins dangereux que le frelon commun.

Attention toutefois, un nid détruit peut induire des frelons errants un jour ou deux, et donc des frelons à pattes jaunes peuvent dans ce cas venir aux lumières la nuit venue.

Observations des nids sur Dieupentale

Comportements sur un fusain en fleur

Suivi en France

La première mise en garde face à cette espèce date de 2006.

En septembre 2009, un nid est découvert en îile de France au Blanc-Mesnil, au nord-est de Paris, mais en réalité, l'espèce aurait déjà franchi la frontière franco-belge (un nid de 60-80 cm de diamètre a été détruit par les pompiers, dans un bouleau, à environ 20 m de hauteur, à Somain (Nord) fin octobre 2011). En octobre 2012, un nid est découvert à Jouy en Josas, au sud-ouest de Paris et, en novembre, un homme est mortellement piqué à Coron près de Saumur.

Evolution de l'espèce

 

 Les scientifiques du Muséum national d'histoire naturelle ont proposé à des naturalistes volontaires de signaler l'évolution et les déplacements de cette population sur leur site web via une fiche de signalement, en lien avec le réseau DaIsie (Delivering Alien Invasive Species Inventories Europe) qui en Europe suit les espèces d'invertébrés devenus invasifs. Une fiche d'aide à l'identification est en ligne sur le site du système d’information sur la nature et les paysages

Présentation de L'INPN, Inventaire National du Patrimoine Naturel

L’article L 411-5 du code de l’environnement institue pour l'ensemble du territoire national terrestre, fluvial et marin un inventaire national du patrimoine naturel, défini comme « l'inventaire des richesses écologiques, faunistiques, floristiques, géologiques, minéralogiques et paléontologiques ».

Actualités sanitaires

Selon les scientifiques et les acteurs du monde apicole, le frelon asiatique cause des dommages importants sur les populations d'abeilles et participe ainsi au phénomène d'effondrement des colonies d'abeilles observé dans les ruches depuis plusieurs années.En effet, les frelons sont de redoutables prédateurs d'insectes (guêpes, mouches...) et notamment d'abeilles.

Début octobre 2012,le gouvernement français a proposé son classement en espèce exotique envahissante et nuisible à l'apiculture. Ils répondent ainsi en outre aux attentes légitimes des associations d'apiculteurs qui ont formulé cette demande depuis plusieurs années. Le classement d'une espèce comme espèce exotique envahissante et comme danger sanitaire permet l'élaboration et la mise en œuvre de programmes de lutte obligatoire au niveau national et départemental.

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